Contrairement à d’autres équipes de Liga, le Barça ne porte pas le t-shirt de soutien à la population de Ceuta. Une position totalement assumée par son président Joan Laporta.
À contre-courant. Alors que plusieurs équipes de Liga affichent leur soutien à Ceuta, enclave espagnole au Maroc touchée par une crise migratoire, le Barça a fait un autre choix. Opposés dimanche dernier à Levante (4-2), dans le cadre de la cinquième journée de Liga, les coéquipiers de Raphinha sont entrés sur la pelouse comme ils le font habituellement: en maillots et non avec les t-shirts portant l’inscription « Todos somos caballas ». Ce mercredi, pour la réception du Racing Santander, les joueurs étaient en vestes de survêtement.
« Que chacun fasse ce qu’il estime devoir faire »
Joan Laporta, président du Barça, s’est expliqué à ce sujet avant le match au micro de la Cadena Ser. « Le club se positionne en défense de la liberté d’expression. Que chacun fasse ce qu’il estime devoir faire. Nous respectons tous les types d’actions qui sont menées. Nous savons que lorsque la politique et le sport se mélangent, cela crée de la controverse. C’est ce qui s’est passé à Elche et avec Ez Abde (l’international marocain du Betis a été contraint de se défendre d’avoir exprimé un quelconque « message politique » avec ce même t-shirt, ndlr). Nous laissons à nos joueurs la liberté de faire, à titre privé et sans utiliser le club, ce type de manifestations », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, le président de la Ligue espagnole de football, Javier Tebas, a défendu le port de ce t-shirt en soutien à la population de Ceuta, que Kylian Mbappé, Vinicius Junior et Ibrahima Konaté ont refusé d’enfiler entièrement mardi. Ils ont masqué le message « Nous sommes tous des maquereaux » (le surnom des habitants de Ceuta, ndlr) imprimé sur ces t-shirts, en les enfilant seulement à moitié, avant le match de Liga à Elche (3-2).
Des dizaines de milliers de migrants sont entrés en force fin juillet depuis le Maroc à Ceuta, une des deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord avec Melilla. Si la plupart sont retournés rapidement au Maroc, ils sont toujours aujourd’hui plusieurs milliers dans la ville autonome, où la situation s’est dégradée et est source de tensions avec les habitants. La crise de Ceuta est depuis six semaines au cœur du débat politique en Espagne, et au centre de vifs échanges quotidiens entre le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez et les oppositions de droite et d’extrême droite.