L’arbitre de la rencontre Lille-Troyes (2-0) a annulé un but lillois alors qu’il avait pourtant sifflé le coup d’envoi, une décision contraire aux lois du jeu qui n’a finalement pas pénalisé les Dogues. Mais qui ne manquera pas de faire grincer des dents un club déjà à cran.
La victoire et la première place de Ligue 1 ont un peu fait passer la scène au second plan. Et pourtant, Lille a été privé d’un but dès l’entame de son match face à Troyes (2-0), dimanche lors de la 4e journée, après que l’arbitre a sifflé la remise en jeu. A la 2e minute de jeu, Hakon Arnar Haraldsson a ouvert le score pour les Dogues en reprenant une frappe de Dilane Bakwa renvoyée par le poteau troyen. L’arbitre M.Lissorgue a alors validé la réalisation en sifflant le coup d’envoi pour les Troyens. Mais sept secondes plus tard, il a interrompu la rencontre en portant la main à son oreillette, en écoutant des remarques du VAR.
L’Ifab n’autorise pas l’analyse d’une action si le jeu a repris
Puis, il est revenu sur sa décision en annulant la réalisation de l’Islandais par hors-jeu. Une manoeuvre pourtant contraire aux règles de l’Ifab, comme l’écrit le point 10 de l’Ifab dans le chapitre sur le protocole d’assistance vidéo à l’arbitrage. « Si le jeu a repris après avoir été arrêté, l’arbitre ne peut effectuer une analyse sauf en cas d’identité erronée ou en cas d’infraction passible d’exclusion telle qu’un comportement violent, crachat, morsure, et/ou propos ou actes blessants, grossiers ou injurieux », précise le texte.
Le précédent France-Tunisie en 2022
« J’étais énervé quand le but a été annulé alors je ne suis pas allé parler avec le quatrième arbitre », a déclaré Carlo Ancelotti, entraîneur de Lille, à l’issue de la rencontre. « Quand on a ensuite marqué, j’étais content et là, je suis allé le voir et il m’a dit qu’il peut faire ça. Mais je lui ai répondu qu’il ne pouvait pas arrêter un match après sept secondes. Il m’a dit que si, qu’il s’était passé la même chose en Coupe du monde. Ça a été son explication. C’est la première fois que je vois ça. »
Ce n’est pas la première fois que ce genre de cas se produit en effet. Lors de la Coupe du monde 2022, l’arbitre de France-Tunisie (0-1) avait annulé le but de l’égalisation d’Antoine Griezmann dans le temps additionnel après avoir fait reprendre le jeu et même sifflé la fin du match. Le diffuseur, TF1, avait rendu l’antenne en envoyant la publicité comme si le score de parité avait été entériné. La chaîne avait ainsi manqué ce rebondissement pourtant non autorisé dans le règlement. « La première boulette revient à la Fifa puisqu’il y a eu une erreur d’arbitrage avec cette fin de match qui est sifflé, un retour au VAR alors qu’ils n’ont pas le droit de faire appel au VAR », avait déploré François Pelissier, directeur des Sports de TF1.
A Lille dimanche, ce retournement de situation s’est déroulé dès le début de la rencontre. Et l’annonce de l’annulation du but a provoqué plusieurs sifflets du public. Celui-ci s’est vite consolé avec la victoire finale de son équipe. Olivier Létang, président du club, convoqué par la commission de discipline de la LFP pour des messages incendiaires après le match face au PSG, est resté muet publiquement.