« C’est Henry qu’il nous fallait », « il allait nous responsabiliser pour nos erreurs »… Dans une longue interview pour le média belge La Dernière Heure, Romelu Lukaku dévoile ce mercredi les dessous de la crise post-2022 au sein de l’équipe de Belgique. Les secrets d’un vestiaire englué dans un flou total devant les choix tactiques de Tedesco, que « Big Rom » ne ménage pas…
Romelu Lukaku sort du silence sur une période sombre de l’équipe de Belgique. « Au Qatar, après le nul contre la Croatie (0-0, synonyme d’élimination du Mondial 2022 dès la phase de groupe), on nous a consultés (sur l’entraîneur à prendre). Tout le monde disait: ‘C’est Henry qu’il nous faut’. Il allait nous responsabiliser pour nos erreurs. Quand tu ambitionnes le sommet, tu n’as pas envie qu’on te caresse tout le temps dans le sens du poil… », démarre ce mercredi l’attaquant belge dans un entretien fleuve pour La Dernière Heure.
Tout au long de cet entretien, le buteur de 33 ans charge son ancien sélectionneur Dominic Tedesco, successeur de Roberto Martinez sur le banc des Diables Rouges au lendemain de cette débacle de 2022. Une nomination de l’ancien coach de Leipzig, faite au dépens de l’avis des joueurs, et qui aurait plongé encore plus le vestiaire dans le doute.
« On savait que le plan tactique ne marcherait pas »
« Il y avait un plan tactique qui n’allait pas fonctionner. En tant que joueur, tu sens ça. Demandez-le à Kev (Kevin De Bruyne). Tu te dis: ‘ça ne va pas le faire' », continue l’attaquant de Naples qui assure que l’Euro 2024 qui s’en est suivi était « une perte de temps ».
Pour rappel, la Belgique s’est fait éliminer par la France en huitièmes de finale (1-0, sur un csc de Vertonghen), après s’y être qualifié grâce à un 0-0 maussade contre l’Ukraine (et une scène marquante d’un corner où les Belges jouent la montre) qui entamait la rupture avec les supporters et les médias.
Le paradoxe de l’Euro 2024 entre « bonne ambiance » et « le choc » d’une purge post-2022
Mais dans l’échec d’un Euro 2024 qui enterre encore plus l’équipe de Belgique, Lukaku décrit pourtant un paradoxe au sein du groupe durant le tournoi. « De tous les tournois auxquels j’ai participé, je n’ai jamais connu une si bonne ambiance entre les joueurs », assure-t-il, et ce malgré un cadre tactique flou.
C’est aussi une transition trop brutale après l’ère Roberto Martinez (2016-2022) qu’ont regrettée certains cadres, à l’instar de lui et Thibaut Courtois. « Au premier rassemblement, Thibaut (Courtois) et moi avons regardé autour de nous et on ne voyait plus personne de l’ancienne équipe. C’était un choc… Sous Roberto Martinez, on entrait dans le vestiaire avant le match et la question était: ‘combien de buts est-ce qu’on va marquer aujourd’hui?’ Tu joues comme ça pendant cinq ans d’affilée. Et puis, boum, table rase. Était-ce la bonne manière de procéder? »
Une confidence que Romelu Lukaku assure avoir longtemps caché par crainte d’enfoncer encore plus le camp belge, en pleine crise. « Je devais aller à des conférences de presse, mais je ne voulais pas. Je me connais, je suis un livre ouvert…. Mais il ne fallait pas créer de remous en plein tournoi ».