dimanche, septembre 13, 2026

Les raisons de la renaissance de Monaco

Fort de ses 9 matchs sans défaite, Monaco peut revenir à hauteur de Marseille ce dimanche soir. Sébastien Pocognoli et ses hommes se sont relancés dans la course à la Ligue des champions et ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin. Un renouveau encore inenvisageable il y a deux mois. 

16 janvier 2026, Lorient s’impose 3-1 à Louis-II et inflige à l’ASM sa septième défaite en huit journées de championnat, une première dans l’histoire du club. L’entraîneur Sébastien Pocognoli a résisté à la crise et celle-ci est presque désormais oubliée. “Il a maintenu le cap même quand le navire tanguait,” observe un familier du centre d’entraînement de La Turbie. Malgré à peine 10 points engrangés sur ses huit premiers matchs de L1 – pires débuts sur le banc monégasque depuis Thierry Henry en 2018-2019 (7 points) – le technicien belge de 38 ans a maintenu un discours optimiste et un projet de jeu ambitieux. 

“On sait d’où l’on vient, donc ce n’est pas parce qu’on fait une bonne série qu’on va avoir la tête dans les nuages.”

“Nous sommes vraiment sur une bonne dynamique en ce moment et ça fait plaisir, mais on a envie de plus !” concède Wout Faes. Le défenseur belge arrivé cet hiver en Principauté veut néanmoins rester lucide: “On sait d’où l’on vient, donc ce n’est pas parce qu’on fait une bonne série qu’on va avoir la tête dans les nuages.” En effet, l’ASM comptait 14 points sur Marseille au soir de la dix-neuvième journée et peut, en cas de succès ce dimanche, revenir à hauteur des Olympiens. Grâce à un état d’esprit retrouvé et de l’intensité à l’entraînement, Monaco impose de nouveau sa loi physiquement sur le terrain le week-end. Cela est aussi dû à l’allègement du calendrier et au retour de certaines forces vives. 

“Quand on a perdu à Marseille, certains dans l’équipe pensaient peut-être qu’il serait difficile de les rattraper, mais cela peut devenir une réalité.”

Rennes, Lens, Paris ou encore Lyon sont tombés en 2026 face à l’ASM de “Poco” : “Quand on a ce calendrier, on se dit qu’en faisant une bonne série, les matchs contre Lyon et Marseille peuvent devenir importants… Mais pas capitaux, parce qu’il restera encore six matchs derrière.” Son portier Lukas Hradecky savoure : “On a fait une sacrée remontée. En décembre, quand on a perdu à Marseille (1-0, Greenwood), certains dans l’équipe pensaient qu’il serait difficile de les rattraper, mais cela peut devenir une réalité.” Aux Monégasques de poursuivre sur leur lancée après une trêve qui a peut-être ralenti leur dynamique. “Nous sommes dans un rôle de chasseur et d’outsider,” complète l’entraîneur de la meilleure équipe sur la phase retour. 

Une équipe solidifiée et un entraîneur inspiré 

Le groupe adhère au discours ambitieux du staff et aux séances durant lesquelles l’ancien entraîneur de l’Union-Saint-Gilloise aime s’investir. Sa déclaration avant le match remporté contre Bodo-Glimt : “on met le bleu de chauffe” est même devenu une célébration de but entre Balogun et Teze. Lukas Hradecky constate également une évolution dans l’adhésion du vestiaire à la méthode Pocognoli : “Je l’ai dit au coach, quand je suis revenu de blessure : par rapport à avant, on sent une différence dans l’équipe. Les automatismes et la relation entre les joueurs se sont considérablement améliorés.” L’ASM a aussi retrouvé de la stabilité défensive, depuis notamment le replacement de Zakaria au cœur de la défense à trois. 

5 buts encaissés sur les 9 dernières journées

Le retour au premier plan du capitaine “Zak” n’est cependant pas la seule raison de la solidité monégasque selon Maghnes Akliouche : “Nous devions évoluer collectivement. La base d’une équipe, c’est d’être solide. Cela commence par les offensifs et se termine par les défenseurs. On a beaucoup travaillé à l’entraînement et ça s’est retranscrit en match. À force de répétitions, ça s’améliore, et le fait d’enchaîner les rencontres permet de progresser. On nous demande pas mal de choses, notamment d’activer le pressing au bon moment, de fermer les lignes et l’axe, qui est crucial.” La bonne recette pour attaquer le sprint final avant tout le monde. 

L’ASM sait finir fort ses saisons 

Pour l’occasion, le meilleur sprinteur du monde, Usain Bolt, octuple champion olympique, donnera le coup d’envoi fictif de ce Monaco-Marseille. L’ASM peut s’en inspirer, tout comme des récentes fin de saison en boulet de canon : 28 points sur 30 possibles en 2022 avec Philippe Clément ou 25/30 sous les ordres d’Adi Hütter en 2024. “Il y a un état d’esprit commun : celui de vouloir finir la saison le plus fort possible,” observe Thilo Kehrer. “On a déjà vécu ce type de fin de championnat ici, donc on sait ce que cela demande. Il faut énormément d’intensité, beaucoup de concentration et surtout une vraie unité dans le groupe pour tirer tout le monde dans la même direction.” Avec le doux rêve de disputer pour la troisième saison consécutive la Ligue des Champions.

Maxime Tilliette (à Monaco)

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