dimanche, septembre 20, 2026

après 12 ans d’attente, l’Allemagne encore en vie après les poules mais toujours sous pression

Depuis son titre de champion du monde en 2014, la Nationalmannschaft n’avait plus passé la phase de poule du plus prestigieux des tournois de football. En 2026, l’Allemagne a terminé première de sa poule mais sa défaite contre l’Equateur lors de la troisième journée augmente la pression qui existe au pays avant d’affronter le Paraguay en 16es de finale ce lundi.

« Après ce genre de performance, il est très difficile d’être optimiste », lance Jonas Wagner, journaliste pour la SID, une agence de presse allemande. L’Allemagne, qui avait déjà fait trembler ses supporters en attendant la dernière minute pour vaincre la Côte d’Ivoire, a cette fois perdu face à l’Equateur.

« D’accord, on était déjà qualifié et sûrs d’être premiers mais je suis inquiet pour les prochains tours. On voit que quand l’équipe d’en face est agressive, joue dur sur le plan physique, l’Allemagne a beaucoup de problèmes. Elle n’arrive pas à se mettre dans le rythme. » Cette défaite malgré une ouverture du score précoce de Leroy Sané dès la deuxième minute est d’autant plus problématique que le sélectionneur Julian Nagelsmann avait aligné son équipe-type. « Sur le papier, c’était plutôt une bonne idée car on critiquait justement son obsession du turnover permanent qui perturbait l’équilibre de l’équipe. Là, au moins, il y a de la continuité. »

Neuer, symbole d’une Allemagne fébrile

Les titulaires allemands ont malheureusement montré de la constance dans l’inconstance, à l’image du – normalement – taulier Manuel Neuer. Revenu en dernière minute pour garder les cages de l’Allemagne, le gardien champion du monde 2014 a semblé fébrile notamment sur le deuxième but équatorien de Gonzalo Plata. Wagner est dubitatif: « Il n’a pas eu l’occasion de se montrer vraiment pendant le match et clairement il ne montre pas l’assurance qu’on lui connaît d’habitude. »

Julian Nagelsmann, sous le feu des critiques en Allemagne depuis sa prise de fonction, veut recadrer ses joueurs: « On doit apprendre de ce genre de matches. Quand on ouvre le score si tôt, il faut savoir rester solide et consistant. Et ne surtout pas s’éparpiller sur le terrain. » Le capitaine Joshua Kimmich a lui voulu dédramatiser la défaite. « La différence avec nos deux premières victoires, c’est que cette fois l’adversaire en voulait plus que nous. »

« Un énorme soulagement »

Alors l’Allemagne qui passe les poules: c’est simplement « back to normal »? « C’est un énorme soulagement, bien sûr », assure Kob, supporter allemand. « Contre l’Equateur, ils n’avaient pas à gagner donc certes, je ne suis pas heureux mais pas découragé du tout. Il faut justement savoir revenir de cela, et parfois c’est mieux. Jouer comme ça et perdre, cela va rendre les joueurs humbles, ils vont revenir sur le terrain avec la rage pour gagner! »

Un optimisme ancré qui ne convainc pas le journaliste Jonas Wagner. « Il y a certes un retour à la normale avec la qualification mais sur 48 équipes, il y en a seulement 16 qui sont éliminées. Encore heureux qu’on y arrive cette fois. A l’arrivée, peut-être que moi-même je sous-estime cette équipe d’Allemagne car il y a un potentiel énorme. Encore faudrait-il le voir un jour… » Peut-être en seizièmes de finale à Boston, ce lundi face à Paraguay.

Aurélien Tiercin à New York

Laisser un commentaire