Après son match sensationnel contre l’Espagne lors du Mondial 2026 (0-0), Vozinha a changé de dimension de manière soudaine et spectaculaire. Mais le gardien du Cap-Vert, âgé de 40 ans, vit assez mal cette notoriété nouvelle. Au point d’être nostalgique de sa vie d’avant.
Son destin a basculé subitement le 15 juin dernier à Atlanta. Auteur d’une prestation éblouissante, Vozinha a permis au Cap-Vert de tenir en échec l’Espagne au premier tour de la Coupe du monde 2026 (0-0). Face aux futurs vainqueurs du tournoi et leur attaque de feu, le gardien de 40 ans a multiplié les arrêts pour offrir à son pays un résultat historique. De quoi booster sa notoriété de manière spectaculaire. Après son récital contre la Roja, son compte Instagram est passé de 56.000 à 1 million d’abonnés en une soirée. Et le gardien de Chaves, alors en deuxième division portugaise, est devenu soudainement une star internationale.
Un statut inattendu que le portier des Requins Bleus (93 sélections), sortis en prolongation par l’Argentine en 16es de finale du Mondial (2-3, ap), assume difficilement. Trois mois après son match de rêve face à l’Espagne, Vozinha, qui évolue désormais au sein du club chilien de Colo-Colo, explique avoir beaucoup de mal à gérer sa notoriété. « J’ai perdu ma paix et ma tranquillité », confie-t-il à The Observer. « Je n’ai plus aucune vie privée, ou du moins beaucoup moins qu’avant. Maintenant, quand je sors, que je vais au restaurant, il y a toujours quelqu’un qui veut prendre une photo avec moi ou me demande un autographe. Ou, pire encore, quelqu’un qui me filme. C’est ce qui a le plus changé dans ma vie et je ne pense pas pouvoir y faire grand-chose. »
« Si on me proposait, je choisirais ma vie d’avant »
Nommé parmi les dix candidats pour le titre de meilleur gardien lors de la cérémonie du Ballon d’or 2026, prévue le mois prochain à Londres, Vozinha regrette le temps où il n’était pas dans la lumière: « Beaucoup de gens veulent être célèbres et avoir une vie publique, mais ils ne voient que le côté positif de cette réalité. Pour être honnête, si on me proposait de choisir entre la vie que j’ai aujourd’hui et celle que j’avais avant, je choisirais celle d’avant. »
Depuis la Coupe du monde, sa mère accueille presque chaque jour des fans qui se présentent au domicile familial au Cap-Vert. Son père, lui, a choisi de prendre du recul avec la ferveur qui entoure son fils. « Je ne suis pas là, donc je ne peux pas les aider. Ils doivent apprendre à vivre avec cette situation et à fixer des limites », glisse Vozinha, qui a été approché par divers sponsors ces derniers mois. « Pendant la Coupe du monde, de nombreuses entreprises et marques souhaitaient travailler avec moi. Mais pendant la compétition, je n’ai accepté qu’une seule collaboration promotionnelle, avec UFL Mobile », précise-t-il, en expliquant qu’il ne souhaite pas travailler avec « des marques liées au tabac, à l’alcool ou aux paris ».