Après le refus du gardien de but irlandais Gavin Bazunu de jouer contre Israël pour protester contre la guerre contre la Palestine, l’hypothèse d’un boycott général puis un vote des joueurs, l’Irlande a décidé de disputer la rencontre de Ligue des nations contre la sélection israélienne dimanche à Debrecen, en Hongrie (20h45).
Israël-Irlande aura donc bien lieu. En raison du conflit avec la Palestine, ce match comptant pour la 1re journée de la Ligue B de la Ligue des nations qui doit se dérouler dimanche soir à Debrecen, en Hongrie (20h45) a été très sérieusement menacé samedi matin. « Je ne pense pas que quiconque puisse comprendre la pression qui pèse sur ces joueurs », a déclaré le sélectionneur Heimir Hallgrimsson, samedi en conférence de presse.
La journée a débuté avec une réunion de quatre heures entre joueurs à leur hôtel. Au cœur des discussions, la décision du gardien de but irlandais Gavin Bazunu de refuser de jouer le match contre Israël. Lors de ces échanges, entre deux et sept équipiers auraient, eux aussi, été favorables au fait de ne pas participer à cette rencontre. Les joueurs irlandais se sont ainsi posé la question d’un boycott général, en concertation avec les membres du staff et de la Fédération irlandaise (FAI). « Ça affecte tous les joueurs, personne n’est à l’aise », reconnaît Heimir Hallgrimsson qui avoue ignorer les conséquences d’un forfait contre Israël mais sait qu’elles sont « toutes mauvaises. »
Une « large majorité » des joueurs veut jouer, le gardien Bazunu se retire
Si une conférence de presse et un entraînement devaient avoir lieu, ils ont été décalés en début d’après-midi à cause de la réunion. C’est lors de cette prise de parole que le sélectionneur a confirmé la tenue du match après un vote des joueurs à l’issue duquel une « large majorité » a exprimé son souhait de jouer. Tous s’entraîneront samedi à l’exception d’un joueur, le gardien Gavin Bazunu qui s’est retiré de la sélection.
S’ils vont donc jouer dimanche, les joueurs irlandais ont demandé à être déchargés des obligations médiatiques et à porter un brassard noir en mémoire des victimes du conflit. Ils ont aussi prévu de faire des dons à des organisations caritatives. Enfin le protocole d’avant-match sera modifié. Cette semaine, Heimir Hallgrimsson avait suscité de vives réactions en déclarant: « Nous ne jouons pas avec le génocide, nous jouons contre le génocide. Nous jouons contre Israël, nous ne jouons pas avec Israël. »
« Si nous jouons, nous n’acceptons pas la situation actuelle »
En Irlande, la pression et les appels au boycott de ces deux matchs contre Israël (le « retour » est prévu le 4 octobre à Backa Topola, en Serbie) n’ont cessé d’augmenter depuis l’annonce de l’opposition entre ces deux pays, notamment à travers la campagne « Stop the game » menée par le mouvement « Irish Sport for Palestine. »
« Dès le premier jour, des protestations ont eu lieu contre la tenue de cette rencontre », confirme Heimir Hallgrimsson. « J’ai senti la pression monter jour après jour. La situation est presque intenable. Si nous jouons, nous n’acceptons pas la situation actuelle. Si un joueur entre sur le terrain demain, il n’accepte pas ce qui se passe à Gaza. Si je peux me permettre de partager le sentiment des joueurs, ils ont l’impression de mal agir en jouant ce match depuis l’Irlande. C’est un sentiment désagréable. Nous tenons à préciser que nous ne soutenons en rien ce qui se passe à Gaza. Nous jouons ce match car il fait partie du règlement de la compétition », conclut le sélectionneur irlandais.