Thomas Tuchel, sélectionneur de l’Angleterre, s’est livré à une étonnante confidence sur le 8e de finale de la Coupe du monde remporté par son équipe au Mexique (2-3), le 5 juillet dernier.
Thomas Tuchel affiche une déroutante gradation de ses regrets. Vivement critiqué pour ses choix défensifs qui avaient précipité l’élimination de l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde contre l’Argentine (2-1), le sélectionneur avait assumé et assuré ne nourrir aucun remord sur ses décisions. Mais l’Allemand a tout de même quitté la compétition avec une petite pointe d’amertume concernant le huitième de finale remporté face au Mexique (2-3) dans son mythique Azteca.
« Pour garder quelque chose de ce moment en moi pour toujours »
Le 5 juillet, ses joueurs avaient livré une prestation héroïque face à l’un des pays co-organisateurs, intraitable depuis le début de la compétition et quasiment imprenable dans son stade perché en altitude (seulement deux défaites en 90 ans avant le match). Les Three Lions avaient surtout résisté au retour des Mexicains en infériorité numérique après l’expulsion de Jarell Quansah (54e). Interrogé par l’ancien international anglais Daniel Sturridge dans un documentaire de la Fédération anglaise (FA) sur le parcours au Mondial, Tuchel confie qu’il aurait souhaité conserver… en lui un souvenir très particulier de cette soirée.
« J’ai envoyé un message à un ami après le match et j’ai simplement écrit: ‘je regrette de ne pas avoir mangé un peu de pelouse après le match pour garder quelque chose de ce moment en moi pour toujours’. C’était ça, le sentiment. C’était ça, le moment. »
L’ancien entraîneur du PSG cite ce succès comme le moment fort du parcours anglais lors de ce Mondial, achevé à la troisième place. « Ce match a offert tout ce que l’on peut espérer », a-t-il développé. « Si l’on cherchait une preuve de ce que cela représentait pour ces joueurs et de la solidarité qui les unissait, il suffisait de voir le moment où Jordan est tombé et s’est cassé le bras. » Il fait référence à la blessure de Jordan Henderson après une chute à la réception d’un saut au-dessus des panneaux publicitaires à l’issue du match.
« En une seconde, les joueurs étaient là », se souvient-il. « Chacun d’entre eux a interrompu les célébrations pour former un bouclier autour de Jordan, le protéger et rester à ses côtés, dans une empathie totale. C’était vraiment spécial. »
S’il n’a pas permis à l’Angleterre de décrocher un premier titre mondial depuis 1966, Tuchel en est sorti conforté. « J’ai l’impression que ce sont mes joueurs maintenant », a-t-il expliqué en estimant avoir constitué « une base solide pour l’avenir ». « Je suis très enthousiaste. Je pense que nous avons franchi une nouvelle étape et je pense que nous y sommes », a-t-il conclu.