Invité exceptionnel de l’After Foot lundi sur RMC, Michel Platini a loué le travail de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France, en défendant notamment sa manière de jouer.
Il est celui qui l’a lancé en équipe de France. Invité exceptionnel de l’After Foot sur RMC lundi, Michel Platini, légende du football français, a défendu Didier Deschamps qu’il avait appelé en Bleus en 1989 alors qu’il était sélectionneur (1988-1992). A trois mois du début de la Coupe du monde, qui sera la dernière compétition de Deschamps comme sélectionneur cette fois, l’ancien meneur français a loué le travail de son ancien protégé sur le terrain et sur le banc.
« Didier Deschamps est un très bon sélectionneur »
« Didier était le footballeur qu’on a vu, un homme de devoir, plutôt qu’un Zidane et il le faisait bien », s’est-il souvenu au sujet du Deschamps joueur. « Il était le chef, il avait sa personnalité, il unissait l’équipe et on a besoin d’un joueur comme ça. Comme sélectionneur, il fait jouer l’équipe comme il pense qu’elle joue le mieux possible. C’est moi qui l’ai sélectionné, je savais comment il jouait et qu’il était important. Ce n’est pas moi qu’il l’ai nommé sélectionneur. Il fallait qu’il fasse son équipe comme il le pense. »
Relancé sur les critiques autour du jeu parfois restrictif actuel des Bleus, Platini appuie encore « DD ». « Sincèrement, je suis là pour qu’elle gagne, je veux la voir gagner », insiste-t-il. « On a gagné une Coupe du monde (2018) et une autre où on a été en finale avec Didier. C’est formidable ce qu’il a fait. Il les fait jouer d’une certaine façon, il les connaît mieux que nous. L’important, c’est qu’on gagne les matchs. »
« Didier Deschamps est un très bon sélectionneur pour moi », ajoute « Platoche ». « Vous pouvez être critiques comme journalistes. Moi, je suis un camarade de Didier Deschamps et je dirai toujours que le sélectionneur a toujours bien fait les choses. »
« Je m’en tapais complètement qu’on joue bien au ballion, je voulais qu’on gagne les matchs »
Le triple Ballon d’or (1983, 1984, 1985) attend désormais de voir le style de Zinédine Zidane, fortement pressenti pour succéder à Deschamps sur le banc français. « Ça dépendra des joueurs que Zinédine Zidane aura à sa disposition pour jouer d’une certaine façon », a-t-il expliqué. « Si on gagne la Coupe du monde et qu’on n’a pas de numéro 10, ça me fera plaisir quand même. Quand j’étais sélectionneur, je m’en tapais complètement qu’on joue bien au ballion, je voulais qu’on gagne les matchs. Si en plus, on pouvait bien jouer au ballon, c’était formidable mais on ne pouvait pas faire les deux. »
Platini est revenu sur son passage de quatre ans comme sélectionneur, achevé par un élimination à l’Euro 1992 dès le premier tour. « J’a bien aimé ce rôle de sélectionneur, j’avais une équipe d’hommes qui allaient au turbin », se souvient-il. « Je n’avais pas Zidane, ni de Djorkaeff, pas de joueurs techniques mais j’avais des Bernard Pardo et d’autres joueurs. Il fallait gagner à notre façon. Le seul match où on avait bien joué, on avait perdu 2-0 à Wembley contre l’Angleterre. On avait une équipe où il ne fallait pas qu’on ait le ballon. »
« Si j’avais eu une grande génération de joueurs, on ne serait jamais venu me chercher, Henri Michel serait resté », sourit-il. « Pourquoi on est venu me chercher? Je n’avais jamais entrainé, je n’avais jamais été sélectionneur et j’y étais allé pour faire plaisir au football français. Si l’équipe avait été superbe, ils ne seraient jamais venus me chercher. On est venu me chercher parce qu’on a fait match nul à Chyore. »